4e dimanche du temps pascal

Homélie

 

Plusieurs images nous sont données dans cet évangile : il y a d’abord celle du berger, puis celle de la porte.

La première image, celle du berger, est assez claire pour les contemporains. Non seulement parce que le berger est une figure courante de la vie sociale à cette époque, mais surtout parce que les prophètes, avant Jésus, l’ont utilisée pour parler du messie, en particulier Isaïe ou Ezéchiel ; Ezéchiel, qui nous parle du berger que Dieu enverra pour prendre soin de son troupeau.

Le berger est donc une figure du messie, et cela, les gens le comprennent parfaitement. Pourtant, au v 7 il nous est dit : « Mais eux ne comprirent pas de quoi il leur parlait. »

En fait, ils comprennent très bien mais ils ne veulent pas comprendre…

C’est pourquoi Jésus va employer une deuxième image, celle de la porte. Il est la porte qui fait entrer les brebis dans l’enclos. Ainsi elles sont toutes à l’abri, et n’ont rien à craindre pour leur vie.

Jésus précise : il est la porte par laquelle on est sauvé ; or, sauvé pour Jésus, cela veut dire : recevoir la vie en abondance.

Donc, Jésus fait plus que nous protéger, il nous donne la vie, il nous communique une vie plus vivante en quelque sorte. Parce que c’est cela la vie en abondance : c’est l’eau vive dont Jésus parle à la Samaritaine. C’est cette eau qui va jaillir de son cœur transpercé.

 

Maintenant, avez-vous remarqué cette petite phrase, assez surprenante : « Si quelqu’un entre par moi, il sera sauvé ; il entrera et sortira et trouvera un pâturage. »

Il entrera et sortira…

Vous voyez, on peut avoir l’impression, surtout avec l’image de la porte, que le but, c’est d’entrer dans l’enclos et d’y rester bien à l’abri du danger… Mais la porte, elle sert autant à nous faire entrer qu’à nous faire sortir…

Notre pâturage, il est dehors…, il ne se trouve pas dans l’enclos. L’enclos, il nous sert sans doute à reprendre des forces mais pas pour qu’on reste entre nous, entre brebis qui se connaissent, mais pour que nous allions à l’extérieur, là sont nos vrais pâturages… C’est d’ailleurs Jésus lui-même qui nous montre l’exemple. Au v 16, il nous dit : « J’ai encore d’autres brebis qui ne sont pas de cet enclos ; celles-là aussi, il faut que je les mène, elles écouteront ma voix, il y aura un seul troupeau. »

 

L’Église, ce n’est pas un club d’adhérents, on n’a pas de carte à présenter. On n’y vient pas pour s’y retrouver bien ensemble. L’Église, ce n’est pas un club, ce n’est pas un parti, ce n’est pas un drapeau, même si certains voudraient bien qu’il en soit ainsi.

L’Église, finalement, n’est-elle pas une porte elle aussi ? Où l’on entre, d’où l’on sort ; nous sommes libres d’aller et venir ; ça ne veut pas dire qu’on est chrétien un jour, et plus le lendemain ; mais que le chrétien, il est appelé à faire continuellement ce passage, du dedans au dehors, pour gagner d’autres brebis, qui ne sont pas encore du pâturage. Telle est, il me semble, la vocation de tout chrétien.

Amen.

 

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