Messe des Jeunes

Homélie – Messe des Jeunes – 1er dimanche de l’Avent

L’Evangile, vient d’un mot grec, qui veut dire: bonne nouvelle.

L’Evangile, tout l’Evangile est une bonne nouvelle. Mais il faut reconnaître que ça n’apparaît pas toujours comme une évidence: deux hommes seront aux champs: l’un sera pris, l’autre laissé. Deux femmes seront au moulin en train de moudre: l’une sera prise, l’autre laissée. Est-ce une loterie? Est-ce cela la bonne nouvelle?

Tout dépend comment on lit, avec quelles lunettes: celles du serpent de la Genèse qui insuffle le soupçon sur la bonté du Créateur, ou celles de la foi qui, bien souvent, m’obligent à voir plus loin et plus en profondeur que le sens littéral.

Parfois, pour comprendre un texte, on peut s’appuyer sur un autre passage, qui peut faire écho à ce texte, qui en est comme une illustration.

C’est ce que je vous propose de faire, avec l’évangile qu’on a lu dimanche dernier.

Pour ceux qui n’étaient pas à la messe, je le redis en deux mots : on venait de crucifier Jésus, et les gens se moquaient de lui: les chefs religieux, les soldats, et même un des condamnés à mort, puisque vous savez que Jésus a été crucifié en même temps que deux autres malfaiteurs. L’un d’eux s’adresse à Jésus et l’injurie en disant: « N’es-tu pas le Messie? Sauve-toi toi-même, et nous avec ! » Mais l’autre – celui que la Tradition appelle « le bon larron » lui fait de vifs reproches :
« Pour nous, c’est juste que nous soyons condamnés, parce que nous le méritons, après ce que nous avons fait. Mais lui, il n’a rien fait de mal. » Puis il dit à Jésus : « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton Royaume. »

Et vous connaissez la réponse de Jésus à cet homme: « Amen, je te le dis: aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis. »

Deux hommes, deux malfaiteurs: l’un est pris, l’autre est laissé. Eh bien, vous voyez, la bonne nouvelle, c’est que ces deux hommes méritent leur condamnation, ils méritent la mort, mais l’un d’eux sera sauvé. Simplement parce qu’il aura reconnu son péché – sa misère -, ensuite parce qu’il aura reconnu la royauté de Jésus. En disant à Jésus: Souviens-toi de moi, en ne désespérant pas d’être sauvé, il pose un acte de foi qui émeut Jésus, et qui déclenche en lui cette parole de salut: « Aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis! »

Que s’est-il passé?

Vous voyez, cet homme est descendu en lui-même, en son cœur profond, et là, il découvre un espace, un espace que le péché ne peut atteindre: sa dignité originelle, qu’il tient de Dieu son Créateur. Quoi qu’il ait fait – et il a dû faire quelque chose de grave pour être crucifié -, quel que soit le péché qu’il a commis, son péché n’entame pas cette dignité.

Qu’est-ce qui sépare les deux malfaiteurs, c’est que l’un a pris conscience de sa dignité originelle, indestructible, l’autre pas. Le malfaiteur qui injurie Jésus,  lui dit: « Sauve-toi toi-même et nous avec! » Il n’y a pas le début d’une prise de conscience du mal qu’il a causé. D’ailleurs, il s’en fiche: il peut même penser qu’il est irrécupérable: c’est un voleur, il le restera; un assassin, il le restera. Il se définit par son péché; il s’identifie à son péché. Alors que le bon larron, lui, pense que son péché ne détermine pas ce qu’il est intimement, au plus profond de lui.

Ce n’est pas un hasard s’il en prend conscience sur la croix: en fait, il a compris que ce type qui est à côté de lui, à qui on a enfoncé sur la tête une couronne d’épines, ce type a pris sur lui son péché,  pour l’en libérer.

Le bon larron, vous savez, c’est le premier théologien de l’Eglise, il a tout compris avant tout le monde, avant Paul, avant les Apôtres, il a compris – intuitivement, avec son cœur – que, sur la croix, Jésus prenait sur lui son péché.

Et ce que Jésus a fait pour le lui, il le fait pour toi, il le fait pour moi, il le fait pour chacun de nous, du moment que nous prenons conscience de notre péché, que nous le reconnaissions devant lui, et que nous croyons du fond de notre cœur que Jésus, parce qu’il nous aime d’un amour incroyable, ne nous condamne pas, ne nous enferme pas dans notre péché.

Dans l’épître aux Corinthiens, Paul dit ceci: « Dieu était en Christ: il réconciliait le monde avec lui-même en ne chargeant pas les hommes
de leurs fautes, et il a mis, en nous, la parole de la réconciliation. »

Je le redis à ma façon : sur la croix, Christ a séparé le pécheur du péché: tes péchés, ta culpabilité, il t’en a déchargé, il les a pris sur lui, pour que tu ne puisses plus t’identifier à tes péchés! Et ainsi, il t’a libéré de la puissance du péché, du pouvoir de nuisance du péché: oui, tu commets encore des péchés, mais ces péchés ne peuvent plus altérer le garçon, la fille que tu es en profondeur, ils ne peuvent plus altérer l’image de Dieu en toi!

C’est le miracle de la croix, c’est sur la croix que Jésus accomplit cela, une fois pour toutes, et pour l’humanité entière! Amen!

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