Une lettre à Dieu…?

Homélie Profession de foi

Si vous êtes un tout petit peu observateurs, vous avez dû vous rendre compte qu’il y avait sur l’autel un objet quelque peu insolite, qu’on ne s’attend pas à trouver sur l’autel d’une église.

… Une boîte aux lettres… Dedans, ce n’est pas votre avis d’imposition, rassurez-vous!

Les jeunes, pendant la retraite, ont écrit une lettre, une lettre à Dieu. Ils ont écrit cette lettre suite à un film qu’on leur a proposé de voir, et qui s’appelle « lettre à Dieu ».

En deux mots, c’est l’histoire d’un petit garçon, âgé d’une dizaine d’année, qui est atteint d’une leucémie, et qui, tous les jours, écrit une lettre à Dieu dans laquelle il raconte sa vie. Ce film est tiré d’une histoire vraie, et vous imaginez sans mal la tête du facteur quand, pour la première fois, il a découvert des enveloppes avec pour seule adresse: Lettre à Dieu! Et 0 timbre pour les frais d’expédition!

Les jeunes ont joué le jeu: ils ont écrit chacun une lettre à Dieu: et je peux vous dire que certains étaient presque partis pour écrire un roman. Qu’est-ce qu’ils ont dit?, je n’en sais rien. Je n’ai pas lu leurs lettres, elles sont pour Dieu, dans le coeur de Dieu. Mais je pense qu’ils ont dit à Dieu, dans un langage simple et spontané,
ce qu’était leur vie de jeunes: les difficultés qu’ils rencontraient, leurs joies, leurs peines, leurs doutes, leurs inquiétudes, leur soif d’être aimés,
d’être reconnus, d’être pris au sérieux, peut-être leur appréhension de grandir, de quitter le monde de l’enfance, leurs projets d’avenir, leurs passions… Bref, ils ont ouvert leur coeur à Dieu. Et finalement, c’est tout ce que Dieu leur demande: souvent, on croit que Dieu nous demande de faire des choses extraordinaires, des choses difficiles…

Mais quand Jésus apprend à prier à ses apôtres, il leur dit: Quand vous priez, dites: Abba! Mot qui, littéralement signifie: papa. C’est le mot que les enfants israéliens continuent d’utiliser pour appeler leur père: Abba!

Dieu ne veut pas pour nous de choses compliquées. Il veut simplement que nous le reconnaissions comme notre père, et que nous puissions lui parler de coeur à coeur.

Leurs professions de foi, c’est ce coeur à coeur avec Jésus qu’ils ont exprimé dans leurs lettres. Maintenant, je vais leur demander de venir les déposer symboliquement dans cette boîte aux lettres.

Je voudrais vous dire aussi deux ou trois choses,

– d’abord ceci: Dieu est fidèle en amitié. Vous avez tous, je pense, déjà eu des expériences d’amitiés assez fortes. Vous aviez alors une grande confiance l’un envers l’autre, et vous pouviez vous dire tout ou presque. Vous vous sentiez reconnu dans votre personnalité la plus profonde. Mais peut-être avez-vous aussi fait l’expérience que ces amitiés que l’on croyait solides et durables ont eu une fin:
on ne se comprend plus aussi bien, on s’éloigne l’un de l’autre, on a d’autres amis, d’autres préoccupations; parfois la fin est plus tragique, quand elle est la conséquence d’une trahison.

Dieu, lui, est fidèle en amitié: une fidélité à toute épreuve. Même si vous le trahissez, lui ne vous retirera jamais son amitié. Aucun déception à attendre de ce côté-là.

Si vous le trahissez… Vous allez me dire: « Non, moi je ne trahirai jamais Jésus! »

Dommage qu’il n’y en ait pas parmi vous qui s’appelle : Pierre!

Pierre, vous savez, le chef des apôtres, et qui, à trois reprises, a renié Jésus, en disant: « Non, je ne connais pas cet homme! »

Moi, j’ai renié Jésus, plus que trois fois dans ma vie.

Vous allez renier Jésus, plus que trois fois dans votre vie, vous aussi! C’est quasi inévitable!

Dans la société où vous vivez, vous aurez mille fois l’occasion de renier Jésus. Mais vous devez vraiment être convaincus d’une chose: lui ne vous retirera jamais son amitié. Qu’est-ce que cela veut dire? Eh bien que chaque fois que vous souhaiterez revenir vers lui, après une trahison, un reniement, il vous accueillera les bras ouverts, comme le père de la parabole du fils prodigue. Dieu ne vous forcera pas à revenir mais il vous attendra le temps qu’il faudra. Et pour cela, Dieu est d’une patience infinie!

La deuxième chose, elle est un peu la conséquence de la première: Dieu a foi en vous, Dieu croit en vous!

Vous faites votre profession de foi en Dieu, mais Dieu lui aussi, fait une profession de foi: il vous arrive peut-être de douter de vous-mêmes, de vos capacités, de vos talents, de votre courage, de votre volonté de devenir quelqu’un de bien! Peut-être que vos propres parents doutent eux aussi de vos capacités – cela peut arriver! Ou bien vous ne correspondez pas à l’image qu’ils se font de l’enfant « idéal », de l’adolescent « idéal », celui qu’ils voudraient conforme à leurs désirs!

Dieu, lui, ne doute pas de vos capacités, et il ne veut pas que vous soyez autrement que ce que vous êtes: Dieu ne veut qu’une chose: que vous deveniez vous-mêmes, et surtout pas un autre.

Tu es infiniment précieux pour Dieu tel que tu es. Il t’aime tel que tu es d’une façon unique. Alors ne deviens pas un autre. Mais peut-être as-tu revêtu un vêtement qui ne te correspond pas, pour être conforme à ce que tes parents attendent de toi, ou pour être conforme au groupe d’amis auquel tu appartiens. Alors là, oui, Dieu te dit: ce vêtement-là, enlève-le, car il n’est pas toi! « Sois toi-même! » Et vous verrez que ce n’est pas si simple d’être simplement soi-même. Mais je pense que vous le savez.

Dieu te fait confiance, il croit en toi, et il a toutes les raisons de croire en toi, puisque c’est lui qui t’a créé, qui t’a désiré depuis toute éternité, avant même la fondation du monde.

Dieu te dit aussi, et je terminerai par là : Je sais que c’est dur de devenir soi-même, mais je serai avec toi: mon Esprit sera avec toi, dans ton coeur, pour te guider sur le chemin, pour que tu ne passes pas à côté de ta vie, mais pour que tu puisses la vivre à fond, et pour que tes rêves se réalisent.

Amen.

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