2e dimanche du temps pascal

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Dimanche de la Miséricorde

« Jésus vint, et il était là au milieu d’eux. »

Jésus est là, au milieu de nous. En avons-nous seulement conscience? Il peut y avoir des obstacles à cette reconnaissance du Ressuscité:

– rappelons-nous les disciples d’Emmaüs, qui peinent à reconnaitre leur Seigneur, du fait de la tristesse qui les submerge;

– Pierre, qui, devant le tombeau vide, ne parvient pas à poser un acte de foi, sans doute parce que sa raison l’empêche de voir l’évidence;

– La souffrance peut être aussi un de ces obstacles. Rappelons-nous les larmes de Marie-Madeleine qui l’empêchent de reconnaître son Seigneur.

Ce n’est pas parce que nous sommes passés du vendredi saint au dimanche de Pâques que nos difficultés personnelles se sont miraculeusement évanouies ! La croix pèse sur nos épaules durant le temps pascal comme durant le carême. Il est bon d’entendre que le Seigneur se manifeste en premier à Marie en raison précisément de sa détresse ; elle est même la seule que Jésus ressuscité appelle par son nom, lui proposant avec délicatesse la consolation de sa présence.

Reste enfin Thomas, qui clôt la série de ceux qui doutent. On peut émettre l’hypothèse que ce qui l’empêche de discerner la présence du Ressuscité, ce sont ses blessures intérieures. Peut-être le sentiment d’abandon, de trahison, est-il pour lui insupportable, en raison de certains événements traumatisants de son histoire personnelle ?

Or Jésus l’invite précisément à « toucher » ses plaies, pour y découvrir combien il veut nous rejoindre au coeur même de nos détresse. Comme le dit le prophète Isaïe, « Ce sont nos souffrances qu’il portait et nos douleurs dont il était chargé. Le châtiment qui nous rend la paix est sur lui, et dans ses blessures nous trouvons la guérison » (Is 53, 4-5).

A la lumière de ces différents témoins, qui ont tous été rejoints par le Ressuscité dans leur faiblesse spécifique, nous pouvons avoir la certitude que nos peines, nos détresses, nos blessures, notre péché ne nous excluent pas de la fête.
C’est au contraire au cœur même de nos tourments, de nos combats intérieures, de nos troubles, de nos doutes, de nos peurs, de nos angoisses, qu’il nous faut chercher le Ressuscité, car c’est là qu’il se donne à trouver. C’est dans nos obscurités qu’il déverse la lumière de sa vie, non pas en supprimant les obstacles par un coup de baguette magique, ni en opérant un miracle qui changerait le cours des choses ; mais par sa seule présence, qui nous donne la certitude que la mort n’a pas le dernier mot et que les fardeaux, si lourds soient-ils, peuvent être dépassés.

Alors, chers amis, quelles que soient les difficultés que nous pouvons traverser, que personne ne se sente exclu de la joie pascale, alors que toute la liturgie nous y invite.

Il ne faudrait pas cependant se tromper sur la nature de cette joie ! Elle s’enracine dans un double acte de foi.

– Nous nous réjouissons d’abord parce que nous croyons que Jésus a vaincu la mort et qu’il est exalté à la droite du Père. –  – Nous nous réjouissons ensuite parce que nous croyons que Jésus est fidèle à sa promesse : « Je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin des temps » (Mt 28, 20).

En ce dimanche de la miséricorde, nous sommes invités à croire que le Seigneur nous a réservé des grâces toutes particulières de consolation et de force, afin que nous puissions poursuivre notre chemin dans la certitude qu’il porte lui-même en nous sa croix. Mais pour cela, il nous faut découvrir combien le Seigneur s’est fait proche de nous – bien plus : comment il ne fait plus qu’un avec nous – en contemplant, comme Thomas, nos propres plaies dans son corps. Tombant alors à genoux nous confesserons avec l’Apôtre : « Mon Seigneur et mon Dieu ! », et nous trouverons dans cette confession la force dont nous avons besoin pour poursuivre notre route.

Que Jésus ressuscité nous accorde, et tout particulièrement à vous qui traversez peut-être une épreuve, la douceur de sa présence, dans la Paix et la Joie de son Esprit. Amen.

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