La Transfiguration

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Déjà une dizaine de jours que  nous sommes entrés en carême. Le père Dominique à insisté sur cette route qui va nous conduire jusqu’à Pâques, pour faire porter nos efforts sur la prière, le partage et le jeune.

En ce deuxième dimanche de carême, la liturgie nous propose ce texte de la transfiguration, passage obligé par la passion de Jésus, la trahison, sa mort et sa résurrection dans la gloire. Mais nous vivons en ces temps la «passion», à travers la manifestation violente et inacceptable dont nous avons été témoins hier soir, la multiplication des scandales d’abus sexuels qui ont entaché notre église universelle.

Avec Pierre, Jacques et Jean, ce petit cercle restreint des disciples, nous sommes invités, nous aussi – car nous sommes ce petit cercle restreint, ce petit reste -, à gravir la montagne pour contempler la réalité de Jésus. Ce fils bien aimé du Père qui se donne en partage à celles et ceux qui le cherchent encore aujourd’hui, en apparaissant comme un soleil dans ses vêtements éclatants, comme une lumière sur notre route  de carême, route qui nous conduira vers Pâques. Invités à raviver nos engagements de baptême et à suivre le Christ dans sa passion, sa mort et à vivre pleinement déjà chaque jour de sa résurrection. C’est le fondement de notre foi chrétienne, puisque plongés avec lui depuis notre baptême dans cette vie nouvelle avec Jésus transfiguré. 

Il y a des rencontres qui nous transforment sans même que l’on s’en aperçoive. Des rencontres inattendues, qui s’offrent à nous, parfois surprenantes! Des personnes sur notre chemin, des événements où on en revient tout métamorphosé, le cœur joyeux . Un sentiment de bonheur tout autour de nous ou l’on pourrait même dire qu’il s’est passé quelque chose de merveilleux……où l’on a ressenti que soi-même nous n’étions

plus le même, que les autres n’étaient plus tout à fait les mêmes. Témoins  de visages  détendus. Un éclat s’est produit, un rayonnement inhabituel nous a habités, et soudain nous sommes devenus un peu plus lumineux.

Peut-être en avez-vous fait déjà l’expérience, frères et sœurs?

Dernièrement, notre communauté chrétienne a été sollicité par la directrice d’un foyer de jeunes et d’adultes handicapés sur notre secteur paroissial à la suite du décès d’Hélène, résidente qui logeait là depuis plusieurs années. La famille n’a pas organisé de célébration religieuse, mais les résidents du foyer ont manifesté le désir de rendre un hommage religieux à Hélène, personne qui n’hésitait pas à partager sa foi chrétienne au sein du foyer.

Elle disait qu’elle était catholique, pratiquante; elle souffrait psychologiquement de ne pas pouvoir assister à la messe dominicale.  ( Appel à la communauté ) pour ce service d’Eglise.

Alors avec la direction du foyer, et en accord avec le Père Dominique, un hommage religieux a été rendu à Hélène, un temps de prière, de recueillement, de témoignages  par les résidents du foyer,  mais aussi par la présence nombreuse du personnel d’encadrement: directrice, chef de service, auxiliaires de vie, infirmiers.

J’ai été témoin d’une grande solidarité humaine, d’un partage profond très fort, d’un recueillement digne.

Oui, de telles rencontres nous transforment. Des pleurs peu a peu se transformaient en apaisement, en joie retrouvée…….. Une résidente a même dit: « Je vois Hélène  présente au milieu de nous sans son fauteuil, debout……..»  Grand silence .

Après un temps convivial, nous sommes repartis rejoindre nos quotidiens, un peu comme dans l’évangile que nous avons entendu….. Il a fallu redescendre de la montagne…, là où Jésus avaient emmené ce petit cercle restreint constitué de Pierre Jacques et Jean. Ils n’avaient rien compris de ce qu’avait annoncé Jésus quelques jours auparavant, à savoir qu’il devrait souffrir, mourir; mais non, ce n’était pas possible pour eux, comme ce n’est pas possible pour nous non plus!.

Jésus sait ce qu’il doit faire. Il les emmènent à l’écart, prendre de la hauteur par rapport a ces événements, les préparer, les rendre forts face à ces épreuves qui approchent pour leur montrer la gloire de Dieu…

Mais les disciples n’oublieront jamais ce qu’ils ont vu, ce dont ils ont été témoins, comme nous aussi nous pouvons parfois être témoins de la présence de Dieu dans nos vies, de la présence du ressuscité, si nous nous mettons à l’écart dans la prière, dans la rencontre avec le Seigneur.

Jean dira: « Nous avons contemplé sa gloire, la gloire du Fils unique venu du Père.»

Dieu se manifeste comme dans l’Ancien Testament. Il y a là Moïse, l’homme du Sinaï; Élie l’homme de l’Horeb. Les vêtement de Jésus sont éblouissants, son visage comme le soleil, même une voix parle, comme celle de l’Exode qui guidait les Hébreux dans le désert.

Tout nous dit que c’est Dieu qui va souffrir, qu’il souffre avec nous quand nous souffrons de tant de maux, quand nous mourons, mais que personne, personne ne peut se tromper sur sa victoire, sur sa gloire….. Les disciples n’ont rien compris. Nous non plus, nous n’avons pas tout compris!

Ce temps du carême est un temps ou nous sommes invités à nous convertir, à aller plus loin dans notre foi, dans la compréhension de notre baptême, dans notre manière de dire: je crois……

Jean-Pierre,
diacre.

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