Laissez venir à moi les petits enfants

Homélie | 27e dimanche du temps ordinaire – B

Je sais que ce n’est pas encore Noël, mais peut-être avez-vous déjà reçu dans votre boîte aux lettres des catalogues de Noël. Alors j’anticipe un peu…

Ce sont des parents qui ont un fils, que j’ai appelé Thomas, parce que, comme l’apôtre du même nom, il a les pieds bien sur terre.
En fait, depuis que son meilleur copain lui a montré sa nouvelle

Vous avez entendu ? Les enfants, on leur parle de Jésus à l’école, à mon avis, il est dans une école catholique, mais les adultes, ils ne vont plus à l’école, et ils ont oublié leur catéchisme !
On dit que la vérité sort de la bouche des enfants, n’est-ce pas ?

J’ouvre une parenthèse : Il n’a pas tout à fait tort, ce Aurélien : il y en a combien, parmi vous, qui font partie d’un groupe biblique, un groupe de prière, une maison d’évangile, par exemple ?
Je ne vais pas vous demander de lever la main, le but, ce n’est pas de culpabiliser quiconque. Mais de vous aider à prendre conscience que la foi s’entretient, elle a besoin d’être nourrie : spirituellement, c’est le rôle des sacrements : l’Eucharistie, la Réconciliation, mais aussi

intellectuellement : Vous avez, nous dit saint Paul dans l’épître aux Galates, à rendre compte de l’espérance qui est en vous. Pour pouvoir en rendre compte, il faut être familier des Ecritures, la lire pour soi-même, la prier, et aussi la partager avec d’autres.
Voilà, je ferme la parenthèse.

Ce matin, je vais me focaliser sur la dernière partie de l’Evangile : qui concerne notre entrée dans le Royaume.

Alors, peut-être, avant d’entrer dans le Royaume, faut-il vouloir y entrer, et pour cela savoir ce que c’est que le Royaume de Dieu.

Certains pensent que le Royaume de Dieu, ce sera ce royaume dans lequel nous serons après notre mort, en fait, le paradis.
Ce n’est pas faux, mais c’est très insuffisant comme réponse.

La première fois qu’il est question du Royaume dans l’Evangile, on le trouve dans les paroles de Jean Baptiste : « Convertissez-vous, car le Royaume des cieux est proche. » Alors Royaume des cieux/Royaume de Dieu, c’est exactement la même chose !

Après l’arrestation de Jean Baptiste, Jésus va reprendre la prédication de Jean, à peu près mot pour mot : « Le moment est arrivé et le royaume de Dieu est proche. Convertissez-vous et croyez à la Bonne nouvelle ! » (Mc 1, 14)

Vous voyez, Jésus ne dit pas que le Royaume, c’est pour plus tard, pour un futur lointain, après notre mort, il dit : c’est maintenant : Le moment est arrivé !
Et cette annonce du Royaume qui vient, est liée à 2 attitudes : Convertissez-vous

Croyez à la Bonne Nouvelle

Le Royaume, c’est la personne de Jésus, c’est Jésus qui vient dans notre vie, c’est Jésus qui vient dans notre cœur.

En fait, ce n’est pas nous qui allons vers le Royaume ; c’est le Royaume qui vient à nous ; à nous donc, de l’accueillir.
Pour cela, 2 conditions :
Croire que Jésus est vraiment celui qui m’apporte la Bonne Nouvelle de l’amour de Dieu et du pardon de mes péchés ;

Et, deuxième condition, changez d’attitude.

Si je reviens au texte d’aujourd’hui, eh bien Jésus nous dit : que les enfants sont les mieux à même de remplir ces 2 conditions :

  • –  Croire à la Bonne Nouvelle

  • –  Se convertir

    Croire que Jésus vient me sauver, me libérer, me pardonner… Pourquoi c’est plus facile pour les enfants ?
    Peut-être, j’avance des hypothèses, parce qu’ils font l’expérience que, quoi qu’ils aient pu faire de mal, leurs parents sont toujours prêts à leur pardonner, et que, en aucun cas, leur amour ne leur est retiré…

    Alors que les adultes ont beaucoup de mal à se sentir pardonnés : nombre de personnes que j’ai vues en confession m’ont dit : Je sais que Dieu m’a pardonné, mais moi, je ne me suis pas pardonné à moi-même ! / Je ne
    « mérite » plus d’être aimé !

    L’adulte a du mal à croire au pardon de Jésus, il a du mal à croire à cette gratuité, à ce cadeau incroyable, donné sans aucun mérite de sa part : et de fait, même s’il reçoit le pardon de ses péchés dans la confession, il reste souvent en lui un fond de culpabilité. Et cette culpabilité, ça le ronge !

    Alors Jésus dit à ces adultes : ne raisonnez pas en adultes, soyez simples, comme les petits enfants. Même s’ils ont fait une grosse bêtise, – et qu’ils ont été punis pour cela -, dès qu’ils sont à nouveau dans les bras de leur père ou de leur mère, ils savent que cette bêtise a été effacée, et qu’il n’en reste plus trace. Ils peuvent donc s’abandonner à nouveau en toute confiance.

    Finalement, l’enfant n’a pas peur d’être aimé, c’est cela sa force.

    La deuxième condition pour accueillir le Royaume : se convertir, c’est-à- dire changer d’attitude.
    C’est simplement de se sentir en vérité avec soi-même. Et là aussi, d’une certaine manière, les enfants nous devancent. Car, même s’ils se heurtent à des échecs, ils ont le souci de progresser, ils ont le souci de bien faire. Il y a qq temps, j’ai reçu un SMS : « Mon Père, que faut-il faire pour être parfait ? »

    Ça m’a un peu scotché. Mais, c’est lui qui est dans le vrai : puisque Jésus, dans l’Evangile, nous appelle à la sainteté ! « Soyez parfaits comme votre Père Céleste est parfait. »
    Demandez à Nicolas Sarkosy à quoi il pense le matin, en se rasant :

J’ai toujours envie d’être président de la république, ou bien, chacun de nous : J’ai envie d’une promotion, d’une augmentation de salaire, de faire un bon chiffre d’affaires…
mais d’être un saint ? non, pas du tout !

Beaucoup d’adultes pensent que, de toute manière, les carottes sont cuites… ils sont comme ils sont et ils ne changeront jamais : ils se sont habitués à leurs péchés, à leurs penchants mauvais, et ne cherchent pas ou plus trop à se corriger : ils ont baissé les bras.

Eh bien Jésus leur dit : Retrouvez ce désir de sainteté, ce désir de vous améliorer, de progresser : ta vie peut encore changer.

Alors voilà pourquoi Jésus nous dit que « si nous n’accueillons pas le Royaume de Dieu à la manière d’un enfant, nous n’y entrerons pas. »

Alors, ce matin, Seigneur, fais-nous la grâce de retrouver cet esprit d’enfance, fais-nous la grâce d’accueillir sur nous ton pardon, ravive en nous le désir de la sainteté, de nous améliorer, de progresser, sans jamais nous décourager : par nos propres forces, nous savons que c’est impossible, mais ton Esprit Saint est là pour nous accompagner, pour nous porter, pour nous relever aussi souvent que nécessaire. Ne permets pas que nous puissions nous satisfaire de notre médiocrité, nous ne voulons pas être des chrétiens tièdes, des chrétiens sans colonne vertébrale, ou simplement des chrétiens du dimanche, et qui, les six autres jours de la semaine, te laissent au bord du chemin.

Seigneur, aide-moi à retrouver cet esprit d’enfance, qui se manifeste par une absolue confiance en toi et en ton amour, lequel va bien au-delà de tout ce que je peux imaginer. Merci, Seigneur, pour l’immense cadeau que tu me fais d’être ton enfant bien-aimé, ton enfant chéri. Je voudrais terminer par ces mots du psaume 130, mais c’est un enfant qui va les

lire :

Seigneur, je n’ai pas le cœur fier

ni le regard ambitieux ;

je ne poursuis ni grands desseins,

ni merveilles qui me dépassent.

Non, mais je tiens mon âme

tranquille et silencieuse ;

mon âme est en moi comme un enfant,

comme un petit enfant contre sa mère.

Attends le Seigneur, Israël,

maintenant et à jamais.

Amen.

à propos

Père Dominique

Père Dominique

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